Août 31, 2026 - 0 commentaires
Domaine Adrien Berlioz : la fraîcheur se joue aussi au pressoir
Adrien Berlioz vinifie le Domaine Adrien Berlioz à Chignin, en Savoie. Face au réchauffement climatique, c'est au pressoir qu'il construit une bonne partie de la fraîcheur de ses vins.
Face au réchauffement, une nouvelle quête
Le climat change, et avec lui la manière de penser le vin. Aujourd'hui, la plupart des vignerons cherchent la même chose sous des formes différentes : de l'acidité, de la minéralité, ou de l'amertume. Trois façons d'apporter de la fraîcheur à des vins que la chaleur pousse vers la lourdeur.
Le pressurage long de la roussanne
Sur la roussanne, l'un des cépages les plus présents du domaine, Adrien Berlioz a choisi la voie de l'amertume. Le pressurage est long, pneumatique, patient.
Tout commence à la vendange. Les raisins sont récoltés en caisses, pour arriver intacts au pressoir, avec très peu de jus déjà oxydé. Cette matière première préservée est la condition pour bien travailler ensuite : le vigneron va chercher, avec méthode, ces petites notes amères qui donnent du relief au vin et une fin de bouche fraîche.

Un travail de sensibilité, en équipe
Il n'existe pas de recette figée pour un pressurage réussi. C'est avant tout une affaire de sensibilité, et Adrien Berlioz s'appuie sur son équipe autant que sur son propre jugement : on observe l'allure des grappes, on vérifie l'état sanitaire, on goûte, encore et encore.
En cave, ils sont toujours trois ou quatre à décider ensemble. « Je me fie souvent à mes impressions », confie-t-il, mais rien n'est figé : à tout moment du pressurage, l'équipe peut revenir sur son choix, ralentir, arrêter, prolonger.
Une durée qui change chaque année
La plupart du temps, le pressurage dure quatre heures. Il peut monter jusqu'à six. Mais sur un millésime difficile comme 2024, où les rafles n'étaient pas assez mûres, l'équipe a préféré s'arrêter à deux heures, pour ne pas trop extraire.
Le domaine cultive seize cépages différents. Autant de calendriers de maturité, autant de choix à faire, chaque année, sans grille de lecture fixe. « Chaque année est un nouveau défi », résume Adrien Berlioz.
Dans un climat qui se réchauffe, la fraîcheur n'est plus seulement affaire de vignoble. Elle se construit aussi, patiemment, au pressoir ; un choix à la fois.

Le domaine, en quelques repères
Le Domaine Adrien Berlioz cultive seize cépages sur les sols argilo-calcaires des contreforts des Bauges. La montagne a multiplié les types de sols sur de très courtes distances, alors le domaine travaille parcelle par parcelle. À la vigne, le geste s'adapte à la pente : pioche, traction animale avec mules et chevaux, tracteur, treuil sur les coteaux les plus raides. Conduit en biologique et biodynamie (certifications Demeter et Ecocert AB), le domaine produit ses vins sous les appellations AOP Vin de Savoie, Chignin, Chignin Bergeron, IGP Vin des Allobroges et Roussette de Savoie, à partir de cépages comme la Jacquère, l'Altesse, la Roussanne, la Mondeuse ou le Persan.
