Juin 02, 2026 - 1 commentaires
Claus Preisinger – Pourquoi la biodynamie fait la différence
Après plus de vingt ans de pratique en biodynamie, Claus Preisinger ne cherche pas à faire de grandes déclarations.
« Il est difficile de dire qu’il y a une seule chose », explique-t-il. « C’est une multitude de petits détails. »
Pour le vigneron autrichien, la biodynamie ne repose pas sur une préparation ou une pratique particulière, mais sur une autre manière de comprendre la vigne. Ses effets se révèlent avec le temps, notamment dans les périodes de stress.
« Quand vous faites face à un problème, comme un épisode difficile après un orage de grêle », explique-t-il, « la biodynamie vous donne des outils pour agir. »

Parmi ces outils figurent des préparations naturelles comme les infusions de camomille ou les pulvérisations de valériane, utilisées depuis longtemps en biodynamie pour aider les vignes à se remettre d’épisodes climatiques extrêmes. Ce qui importe à Preisinger, c’est la manière dont les vignes réagissent.
« Quand on parcourt les vignes et qu’on compare leur réaction à celle de vignobles conduits de manière conventionnelle, elles récupèrent beaucoup plus vite. »
Selon lui, les vignes cultivées en biodynamie retrouvent plus rapidement leur équilibre et reprennent leur croissance plus vite après des conditions difficiles.
Alors que les vignerons européens font face à des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles, cette capacité de résilience est devenue l’un des arguments les plus convaincants en faveur de cette approche. Dans son domaine de Gols, près du lac de Neusiedl, dans l’est de l’Autriche, la biodynamie est au cœur du travail de Claus Preisinger depuis 2006. Elle constitue le socle des vins qui ont fait de lui l’une des figures majeures du vin naturel.
La biodynamie implique également de travailler en fonction des cycles lunaires et des saisons. Pour Preisinger, il ne s’agit pas d’une idée nouvelle, mais plutôt d’un savoir oublié.
« Les gens travaillaient déjà avec les phases de la lune il y a 150 ans », explique-t-il. « Après les guerres et la révolution industrielle, cette connaissance s’est perdue. »

Pour lui, la biodynamie consiste à réintroduire cette conscience dans l’agriculture moderne.
« Quand on observe les marées, les marées hautes comme les marées basses, tout cela est lié à l’influence de la lune. »
Que tous les aspects de la biodynamie puissent ou non être expliqués scientifiquement n’est finalement pas l’essentiel. Ce qui compte pour Preisinger, c’est l’observation. Après vingt ans passés dans les vignes, il est convaincu que des écosystèmes plus sains et plus équilibrés produisent des vignes plus résistantes et en meilleure santé.
« Nous, les humains, sommes très sensibles », dit-il. « Nos vins et nos plantes le sont encore davantage. »
Pour Claus Preisinger, la biodynamie commence par la reconnaissance de cette sensibilité et par le choix de travailler avec elle plutôt que contre elle. L’objectif n’est pas le contrôle, mais l’équilibre.
