Mai 21, 2025 - 2 commentaires
Pourquoi Wein Goutte mise sur les cépages PIWI pour des vins durables et naturels
Wein Goutte, c’est le projet d’Emily Campeau et Christophe Müller, une ancienne cheffe et un ancien sommelier qui ont quitté la restauration pour faire du vin, guidés par la créativité et la durabilité. Après s’être rencontrés pendant les vendanges en 2018, ils s’installent en Franconie (Allemagne) en 2021 pour reprendre les vignes cultivées en bio de Linda et Erhard Hassold.
Leur matière première : principalement des PIWIs, des cépages hybrides résistants aux champignons comme le Johanniter ou le Muscaris, avec lesquels ils élaborent des vins naturels expressifs, influencés par leur passé en cuisine. Chaque millésime s’accompagne de nouvelles étiquettes et de noms ludiques, conservant une identité aussi fluide et intuitive que leur démarche.

📸 Crédits @danielpeterphotography @audreyeve.beauchamp @fannie_laurence
Chez Wein Goutte, l’avenir du vin se joue peut-être avec des cépages que personne (ou presque) ne connaît. Depuis qu’ils ont repris ce domaine bio en Franconie, Emily et Christophe sont tombés amoureux des PIWIs, des variétés hybrides résistantes aux maladies fongiques, qui ont complètement transformé leur manière de penser la viticulture et la vinification. « Un tiers de nos raisins sont des hybrides, et pour rien au monde on ne changerait ça. »

PIWI est l’acronyme de Pilzwiderstandsfähig, terme allemand qui signifie « résistant aux champignons ». Ces hybrides modernes ont été créés pour nécessiter peu ou pas de traitements dans les vignes. « On était super enthousiastes en découvrant qu’on allait travailler avec quelques parcelles de PIWIs », expliquent-ils. « Certaines vignes ont plus de 25 ans, et une parcelle de Johanniter sur la colline de Tannenberg n’a jamais été traitée, de toute son histoire. »
Une résilience précieuse, surtout face au changement climatique et à l’augmentation des liés aux vignobles. Même sur une année humide comme 2024, leurs autres parcelles de PIWIs n’ont eu besoin que de trois traitements environ. « Rien que ça, c’est exceptionnel. » Et ce n’est pas qu’à la vigne que ces raisins font la différence : « Le Johanniter est la colonne vertébrale de notre assemblage blanc chaque année, il apporte structure et acidité. Le Muscaris ajoute un parfum, des notes florales. Le Regent, vinifié en macération courte, donne à nos rouges un fruit éclatant et beaucoup de légèreté. »

Tout le monde n’est pas encore convaincu. « La discussion autour des PIWIs n’évolue pas assez vite, » regrettent-ils. « Ce n’est pas avec du Johanniter qu’on va faire un grand blanc de Bourgogne, mais on peut faire quelque chose de délicieux, respectueux du raisin et à faible impact environnemental. » Pour eux, la question ne se pose même pas : « Si on devait replanter, on choisirait à nouveau des PIWIs. Peut-être même un assemblage en complantation de cépages de différentes couleurs. »

Avez-vous déjà goûté des vins PIWIs ? Lequel vous a marqué ?
