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Luc est un enfant du pays. Et c’est bien le terroir qui a grandement influencé notre choix pour ce domaine. La proximité de la Loire, de l’Aubance et du Layon ainsi que les différentes déclinaisons de schistes et de roches volcaniques de cette part de l’Anjou noir nous ont séduits. Pour mieux restituer toutes ces différences, nous avons identifié de nombreuses unités de terroir. Nous souhaitons mieux les valoriser en les mettant en avant au travers de notre démultiplication de cuvées parcellaires, à l'instar de ce que font les bourguignons depuis longtemps avec leurs climats.
Comme nous le disons souvent, les vendanges sont le fruit d’une année de travail à la vigne. C’est sur cette base que nous souhaitons donner une ligne de conduite à notre vignoble. En effet, quand on souhaite produire un grand vin, nous sommes convaincus qu’il faut avoir le goût du travail de la vigne, dans le respect des différents terroirs qui composent le vignoble. Nous travaillons en communion avec la nature grâce à la prise en compte du rythme végétatif de la vigne et à la biodiversité que nous développons et entretenons jour après jour. C’est aussi la raison pour laquelle nous nous appuyons sur une démarche de biodynamie labellisée, dans le respect du calendrier lunaire. C’est le fameux bon sens paysan qui nous accompagne tous les jours et surtout pas la volonté de détourner les esprits pour faire tourner les tables ! Nos plantations s'appuient sur des sélections massales très diversifiées. Cela nous permet de sortir du piège de la standardisation génétique et d'apporter une complexité aromatique supérieure tout en perpétuant une diversité variétale plus proche de nos valeurs. Au niveau cultural, nous n’utilisons ni intrant chimique ni désherbant. Pour protéger la vigne, nous privilégions des plantes naturelles. Pour le travail des sols, nous adoptons une gestion sélective, fonction du terroir, des cépages et des conditions climatiques. Nous cherchons toujours à protéger la vie des sols. Selon les parcelles nous travaillons l’inter-rang au minimum pour y favoriser la biodiversité ambiante dans le but d’utiliser la faune et la flore comme auxiliaire de culture. Sans oublier que l'objectif restera toujours de vinifier du vin. Notre mode de taille courte respecte les flux de sève. Sur nos parcellaires, les travaux en vert intègrent des ébourgeonnages très minutieux et les entre-cœurs. Selon les parcelles, les rognages sont rares et tardifs, voire remplacés par un tressage des brins sur le dernier fil. Nous introduisons progressivement des animaux dans les vignes. Une parcelle est travaillée au cheval et nous utilisons aussi des vaches naines pour tondre l'herbe des vignes en automne et en hiver, tout en enrichissant le sol en matière organique. C’est pour toutes ces raisons que nous n’achetons pas de raisin, nous vinifions seulement ceux que nous cultivons. Cette ligne de conduite ne nous empêche pas de douter. Nous partageons la sensibilité d'Alain Aspect - prix Nobel de physique en 2022 - quand il disait "l'échec fait partie du métier, le découragement parfois aussi". Les causes de qualité d’un millésime étant muti-factorielles, nous sommes persuadés que chaque récolte nous livrera toujours des surprises qu’il faudra appréhender au cas par cas. Dans ce cadre, nous nous appuyons souvent sur le « club de compétences » des vignerons "biodynamiques" et de la communauté internationale Raw wine, persuadés que les échanges d’expériences font grandir.
Notre plus grande émotion à la dégustation est liée à quatre facteurs qui nous semblent essentiels : le nez, le « toucher de bouche », la précision et l’énergie qui se dégagent du vin. Pour ce faire, nous protégeons les jus le plus naturellement possible. Nous nous efforçons aussi de pratiquer des élevages longs dans le but de renforcer la complexité et de livrer des vins prêts à déguster. Conformément à notre cahier des charges de biodynamie, nous limitons au maximum les intrants à la cave, en harmonie avec notre travail à la vigne. Sur les parcellaires, nous sommes intransigeants au moment des vendanges, manuelles bien sûr. Pour les blancs issus des cuvées parcellaires, les premières tries se font sur pied. Ensuite, nous privilégions la récolte en mini-plateaux ajourés de 8/10 kg seulement pour alimenter le pressoir avec des raisins fermes et sans jus. Les cycles de pressurage sont longs. Pour nos cuvées parcellaires Bigottière, Grandes Rogeries et Pavillon, après les opérations de débourbage, les jus sont soutirés dans leurs contenants d’élevage qui participent à la microoxygénation (barrique, œuf béton et amphore) pour une durée de 2 ans minimum. Pour les autres cuvées parcellaires, l'élevage est de 12 à 18 mois. Pour les rouges le même soin est apporté à la vigne. Selon les sols, cépages et millésimes, nous réalisons ou pas des départs de macération à froid, en grappes entières ou pas, dans le but de restituer fraîcheur et fruité gourmand. Notre style de vinification des rouges vise à privilégier la finesse et l'élégance plutôt que la puissance et l'extraction. Pour Jules Chauvet, le terroir, c'est 45% le sol et 55% les levures indigènes. Nous devons donc cultiver nos levures dans les vignes (et pas dans un laboratoire) pour favoriser l'expression annuelle du terroir. Travailler avec nos levures indigènes issues de nos raisins de l'année constitue un exercice stressant pour nous mais bénéfique pour le vin. Aucun sulfitage n’est utilisé sur la vendange dans le but de respecter la complexité aromatique des jus. Pour protéger le fruit et la précision de notre long travail, nous utilisons en cas de besoin de très faibles doses de sulfite après malo et/ou à la mise en bouteille. Dans la mesure du possible, nous terminons l’élevage en bouteille pendant une durée au moins égale à la moitié de l’élevage au chai. Dans cet esprit, une cuvée parcellaire est mise en vente 2 ans et demi environ après récolte. Au total, si on intègre l'année de culture de la vigne, c'est 3 années et demi de travail qui sont nécessaires à la présentation d'un nouveau millésime. C'est un peu fou, mais nous en sommes fiers ! En conclusion, nous espérons que le respect que nous portons à la vigne et à la vinification constituera une source d’émotions uniques à la dégustation de chacune de nos cuvées. Comme se plaît à le dire Ted Lemon de Littorai Wines, "le travail des vignerons consiste à élaborer des vins qui sont l'expression la plus honnête et la plus cristalline de leur lieu d'origine, puis à laisser les autres décider s'ils estiment que leurs efforts sont dignes d'intérêt". Nous partageons largement cette position.
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