Avril 25, 2025 - 2 commentaires
Et si on repensait la bouteille de vin ?
Le vin nature est un véritable allié du climat dans les vignes, mais côté emballage, il rencontre le même problème que le vin conventionnel : l’empreinte carbone élevée de la bouteille en verre.
En moyenne, une bouteille de 750 ml pèse environ 500 grammes, et sa production émet près de 0,7 kg de CO₂. Cela représente presque la moitié de l’empreinte carbone totale d’une bouteille : l’emballage à lui seul compte pour 46 % des émissions liées au vin.
Et cela, avant même son transport. Acheminer une bouteille en camion peut ajouter entre 0,05 et 0,2 kg de CO₂, selon la distance. Consommer une bouteille venue de l’autre bout du monde, comme un vin français en Californie, alourdit davantage son empreinte carbone. Privilégier les vins locaux reste l’un des gestes les plus simples et les plus efficaces à adopter.
Il faut toutefois préciser une chose : les vignerons et vigneronnes ne sont pas responsables de cette situation. Nombreux sont ceux, notamment dans le monde du vin naturel, à être profondément engagés dans des pratiques agricoles durables, des vendanges manuelles et des méthodes régénératives. Certains domaines sont même carbone négatif. Mais en matière d’emballage, le verre reste la norme. Pourquoi ? Parce qu’il est efficace. Il protège le vin, perpétue la tradition et correspond aux attentes des consommateurs.
Le verre n’est pas un matériau "mauvais" en soi : il est 100 % recyclable, et avec une bonne filière, recycler une bouteille n’émet que 100 à 150 g de CO₂, soit environ un quart des émissions liées à la fabrication d’une neuve. Mieux encore, la réutilisation des bouteilles, via des systèmes de consigne par exemple, peut faire tomber ce chiffre à seulement 20 à 50 g de CO₂ par utilisation, surtout si elles sont lavées et réutilisées efficacement.
Ces systèmes de consigne ne sont pas nouveaux. Ils existaient dans de nombreux pays européens et fonctionnent toujours dans des régions comme l’Allemagne, la Suisse ou la Scandinavie. Ce modèle a fait ses preuves. Mais il nécessite un véritable engagement des consommateurs, et un changement de regard sur les emballages..jpg)
Aujourd’hui, peu de vignerons peuvent se permettre de tester d’autres formats si les acheteurs ne sont pas prêts à les accepter. Heureusement, des solutions alternatives commencent à émerger :
🍷 Des emballages à plus faible impact pour le vin
- Bouteilles plates en plastique recyclé (PET) (ex. Packamama), légères, empilables, issues de plastique 100 % recyclé.
- Canettes en aluminium, entièrement recyclables, idéales pour une consommation à court terme.
- Bag-in-box, moins d’émissions par litre et plus légers à transporter.
- Bouteilles en fibres de lin, compostables et d’origine végétale (encore en développement).
- Fûts ou contenants réutilisables, adaptés aux cavistes, bars ou systèmes de vin en vrac.
L’idée n’est donc pas de blâmer les vignerons, mais de les accompagner dans leur recherche de solutions plus durables. Si nous, consommateurs, faisons preuve d’ouverture face à de nouveaux formats, et accordons plus d’importance au contenu qu’à la forme, alors nous leur donnons les moyens d’innover.
