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2015 Leaning Back in Time d’Anders Frederik Steen – Le Vin de la Semaine par David

2015 Leaning Back in Time d’Anders Frederik Steen – Le Vin de la Semaine par David ! Réalisé à partir des raisins élevés en biodynamie par Stéphane Bannwarth et issus de cépages vieux de 50 ans à Obermorschwihr en Alsace.

Il se passe tellement de choses avec ce vin qu’un chapitre de livre ne suffirait pas à tout décrire.

C’est au nord de Copenhagen que Anders a débuté en tant que vigneron nomade. D’abord sommelier au Noma et chez Manfreds, il a rejoint des contrées plus au sud, avec Jean-Marc Brignot, lorsqu’il était encore dans le Jura, puis avec les Bannwarth dans leur vignoble alsacien semi-continental. Anders et sa famille sont désormais basés à Valvignères en Ardèche et réalise ses propres cuvées au domaine Le Mazel.

Mais son travail de négoce continue avec son réseau de vignerons.

Ce vin fabuleux et passionnant provient du caniculaire été alsacien de 2015. Il est réalisé à partir de raisins et seulement de raisins. Issus des collines aux sols argilo-calcaires épars, sous les forêts vosgiennes. Rien de rien n’a été ajouté.

La fermentation démarre dans des cuves en fibre, entreposées à l’extérieur pendant 6 mois, le temps de l’hiver alsacien. Ce qui correspond parfaitement à l’idée que je me fais de la température idéale pour la fermentation. Puis les jus sont entreposés dans les caves des Bannwarth, dans des fûts suffisamment âgés. Je suspecte qu’une seconde (légère) fermentation ait démarré avec l’arrivée des températures printanières. Deux ans s’écoulent ensuite, avec très peu d’interférences, en dehors de dégustations et de contrôles. Les fûts n’ont pas été hermétiquement scellés, on trouve donc quelques notes oxydatives.

Nous l’avons ouvert et dégusté à San Francisco. Le vin était tout sauf clair, voire même opaque au départ. Ce qui laisse penser qu’il aura un beau volume et beaucoup de style.

Le nez est oxydatif, avec des notes de fruits très, très mûrs. Belle présence en bouche, riche en textures, avec des notes de poires très mures. Cela pourrait tirer vers la noisette mais les fruits compotés prennent le dessus. Beaucoup d’énergie et de tension, et de l’acidité pour nuancer la maturité des fruits. De jolies notes persistantes d’amertume en fin de bouche. Les sucres résiduels sont seulement à 2 grammes, mais leur rémanence est indéniable, comme me l’a rappelé Anders. C’est ce qu’on appelle un vin de terroir.

Ce terroir est basé aux alentours des vignobles alsaciens au sud de Comar, où Frick, Schueller, Ginglinger et Bannwarth contribuent à établir un style de vin naturel singulier, qui oscille entre des étés très chauds et des hivers glacials.

Il est bon de voir un “outsider” tel qu’Anders apporter sa pierre à cet édifice.

C’est une autre vision de l’Alsace moderne, peinte sur toile par un artisan vigneron à large spectre en terme d’attitude et de l’approche.

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